Krépuscula Goulagsky, romenteuse et plasticeuse

De Paul Gonze
Aller à : navigation, rechercher

Sans domicile fixe?  Aux abonnés absents?  Survivant déjà de trop de virtualité?

 

L'emmielleuse de service! Qui se prend pour l'éminence grise de l'équipe, sans préciser si son jeu clair-obscur est gris foncé ou rose pâle.

N'a pas fini de s'espérer hermaphrodite ni de se croire idiote de génie: ayez pitié d'elle!

Et que le ciel abreuve de rosée cette sœur de lait d'Aurore qui toujours tétait en second.

 

Mise en doute elliptique.jpg

 

A vu le jour (ou était-ce la nuit?), pluvieux, dans l'entre-jambes de la triste Belgique, avec pour nourrice une trop vieille Europe.

A perdu son enfance à envier les nuages s'enfuyant vers des cieux plus bleus.

A tourner anartiste pour tuer le temps, son mauvais temps. 

Enfile depuis les ART-ifices comme autant de perles de bruine. 

Fantasme sur l'inoubliable beauté qu'auront les nuées de l'apocalypse.

Tellement saturée d'agents conservateurs qu'incapable de pourrir: Promesse d'immortalité? Odeur de sainteté? Á mouler puis couler dans le bronze?

... et si c'est pour partir en fumée, ne désespére pas de se retrouver poussières donc cendres d'étoiles.

Mélancolique qui regrette le temps béni des colonies, les boules de glace de l'expo 58, le blabla de mai 68...

Suicidaire dont les songes et mensonges dépriment et friment ses partenaires... mais aussi les adversaires.

Cumuleuse de diplômes lui permettant de mesurer l'étendue de ses lacunes et additionneuse d'échecs l'aidant à se soustraire aux mirages du beau monde, aimerait tant se réfugier dans la lune.

Hypersensibilisée à l'éthique décroissante de Bartleby & Co, n'arrète pas de se dire qu'elle aurait préféré ne pas ...

Foutue tricorne née sous le signe du bélier-ascendant scorpion qui répète que les utopies ne sont que promesses de goulag et que les rêves se vivent... pour se révéler cauchemars.

Justifiant ses vinaigreries en prétendant qu'il faut supporter les mauves du crépuscule pour jouir des roses de l'aurore (ou le contraire).

Pythie qui, depuis des lunes, prophétise la fin de l'humanité au point de pleurer, comme la fille du roi Priam, d'avoir à attendre pour voir Troie s'enfumer.

Cassandre qui se plait à répéter, comme Marguerite Yourcenar, que "c'est avoir tort que d'avoir raison trop tôt".

Jalouse osant insinuer qu'Aurore n'est qu'une brave et pauvre rêvasseuse qui ne peut, qui ne veut admettre que sa lanterne, la lune, n’est qu’une vessie de porc

N'a point tout à fait tort, cette mécontemporaine car c'est vrai qu'on joue toujours en provinciale, qu'avec un peu de soutien, on aurait pu faire valser la lune en rose... Et alors? C'est pas une raison pour se résigner à jouer au football de table voire s'asseoir sur le ballon. 

Elle ne s'assied d'ailleurs pas sur le ballon puisque celui-ci n'est, à ses yeux, qu'un mirage, qu'une métaphore du monde et qu'avec Marguerite Duras, elle se persuade de l'inéluctable: qu'il aille à sa perte!

Qu'il ou elle en finisse de se dégonfler et nous laisse nous repomper!

Dans l'illusion de flotter car, elle vous le redit encore : "Après moi, avec vous, le déluge..." puisque "les utopies sont promesses de goulag".