Butterfly project

De Paul Gonze
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Délégué par la Belgique à la 36ème biennale de Venise, le mass moving intègre au fond de la place Saint Marc un incubateur à papillons de plus de 1.000 m³. Construit en une dizaine de jours par projection de polyuréthane sur trois supports gonflables, cet abri à l’architecture souple et sauvage pervertit le cadre normatif, répressif "d’un des plus beaux décors du monde".
Le vendredi 2 juin, une petite valise en provenance du laboratoire de biocénotique de Versailles arrive par avion : elle contient 10.000 chrysalides de piérides du chou qui sont réparties sur des étagères en tulle dans la pouponnière. Les éclosions, observables à l’extérieur sur des écrans de télévision, commencent trois jours plus tard et après une semaine, tous les papillons sont sortis. Cependant, près de 15 % de la population dépérit, la température à l’intérieur de l’incubateur dépassant en milieu de journée les 30°C et le taux d’hygrométrie étant trop bas.
Le samedi 9 juin à 18 h, malgré les critiques de la ligue protectrice des animaux et les craintes des écologistes et maraichers de Vénétie, le treillis de poule habillé de polyuréthane est découpé à la cisaille devant une foule de spectateurs impatients. Quelques papillons gagnent la brèche pour s’aventurer sous un soleil torride mais la plupart préfèrent la plus fraîche pénombre. A 21 h, le démontage de l’incubateur débute ; à 23 h, tout est démantelé.


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La cellule japonaise de mass moving, en contrepoint à la participation officielle à la Biennale de Venise, lance le Butterfly Project Tokyo. Au terme d’une printanière chasse aux papillons « pieris brassicae », dans la campagne de Chiba, une trentaine de couples sont capturés et emprisonnés dans deux copulatoires où les femelles se mettent rapidement à pondre. Leurs œufs, délicatement récupérés au pinceau, sont déposés dans des caisses de carton. Pour nourrir les chenilles qui naissent, des choux sont chaque jour récoltés dans un champ cultivé par un paysan complice. Après 2 ou 3 semaines, les chenilles se muent en chrysalides qui, placées au réfrigérateur, entrent en léthargie. Quand le seuil de 10.000 cocons est atteint, ceux-ci sont éparpillés dans une immense volière ensoleillée où ils ne tardent pas à se métamorphoser en papillons, nourris d’eau miellée et du suc de fleurs apportées par les voisines.
Au milieu de la nuit du 29 juin, un violent projecteur attire les papillons dans les enceintes des trois « ludic bombs » dont les systèmes de mises à feu ont été armés. Le lendemain, à 9h.25, une première bombe d’une puissance de 4.000 P. explose en bordure d’un chantier du quartier des banques de Koganei ; à 15h.10, une bombinette de 1.000 P saute dans une rame de métro à hauteur de Setagaya-ku ; à 18h.05, une déflagration de 5.000 P ébranle le complexe de supermarchés de Shinjuku-ku. Le Center of Biological Fight for Survival du mass moving revendique ces attentats.


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 Pour voir un peu plus d'images de papillon : ***